J.-C. La Rhétorique à Herennius fournit un aperçu des débuts de la rhétorique latine et au Moyen Âge et à la Renaissance. La rhétorique est ainsi le langage du pouvoir, du Léviathan, et un mensonge qui permet de contrôler les hommes. La clarté française étant le modèle linguistique de l'époque. Ainsi pour les Grecs, la rhétorique est « la discipline de la parole en action, de la parole agissante Â»[12]. Or, cette définition demeure par trop philosophique, la conscience de l'auditoire n'étant pas prise en compte. B. L'héritage platonicien, en dépit de divergences fondamentales entre les deux philosophes, est ainsi conservé à travers la dialectique. Pour Jean-Jacques Robrieux, « Ainsi est tracée, avec Aristote, la voie d'une rhétorique fondée sur la logique des valeurs Â»[48]. Contre cette évolution, l'école rhétorique contemporaine de Chaïm Perelman renoue avec la rhétorique grecque en proposant une « nouvelle rhétorique Â» qui est une théorie de l'argumentation. Par ailleurs, les termes sont appelés « grand terme Â» (ici « Ã‰tats démocratiques Â»), « moyen terme Â» (« Europe Â») et « petit terme Â» (« France Â»). Les Romains chez lesquels l'art oratoire était devenu une partie importante de la vie publique, tenaient les rhéteurs grecs en si grande estime qu'ils engagèrent certains d'entre eux dans leurs écoles. Les tyrans qui régnaient sur la Sicile avaient en effet exproprié un certain nombre de propriétaires au cours de leur règne. Depuis les débuts de la discipline, les auteurs remarquent que la rhétorique recherche en priorité les solutions de l'ordre des représentations. L'orateur dépend donc avant tout de son public. Origines de la rhétorique. Sa réputation grandissait tant que Vespasien créa une chaire de rhétorique pour lui à Rome. C'est surtout l'approche « communicationnelle Â» (étudiant en quoi la rhétorique est avant tout une méthode de communication entre personnes) qui s'intéresse à la dimension psychologique de l'art oratoire. Tous les spécialistes de la discipline s'accordent à dire que celle-ci vit un renouveau, à travers ces « rhétoriques Â»[155] du fait de l'expansion des techniques et des enjeux de la communication actuelle. C'est sur ces présupposés cognitifs que, selon Marc Angenot, l'idéologie et la politique se fondent. la « mémoire artificielle Â» (au sens technique), liée à l'apprentissage et à la pratique de l'art oratoire. Enfin, pour la rhétorique classique, l'« orateur est homme de bien qui parle de bien Â», traduction de l'adage latin « uir bonus dicendi peritus Â» attribué au rhétoricien romain Quintilien[142], c'est-à-dire qu'il doit porter des valeurs civiques de probité et de respect de l'interlocuteur. Elle requiert une bonne moralité et se rapproche en cela d'une représentation de la, la rhétorique est une manipulation centrée sur l'auditoire (cette idée prévaut chez, la rhétorique est l'art de bien parler (suivant la formule latine de, une histoire de sa conception sociale, qui est celle qui mise principalement sur le discours en public et la controverse (philosophique et politique surtout). Enfin, sur internet, la revue Kairos rassemble de multiples universitaires travaillant sur l'apport technologique à l'analyse du discours, à travers la notion de « technorhétorique Â» (l’écriture assistée par ordinateur)[85]. C'est avec ce dernier que « la nouvelle rhétorique devient alors l'instrument de la philosophie Â» selon Chaïm Perelman[156]. Aristote les analyse dans son Organon et dans les Arguments sophistiques. En effet, elle situe son action dans le monde du « possible Â» et du « vraisemblable Â» : « Elle se prononce sur l'opinion, non sur l'être ; elle a sa source dans une théorie de la connaissance qui se fonde sur le vraisemblable (eikos), le plausible et le probable, non sur le vrai (alethes) et la certitude logique. [pas clair] Perelman étend donc cette définition au champ de la pratique en expliquant que l'auditoire est : « l'ensemble de ceux sur lesquels l'orateur veut influer par son argumentation Â»[134]. Qu’est-ce qu’un barbarisme ? Son premier livre traite de l’« elocutio Â» montrant aux étudiants comment utiliser les tropes et lieux communs. nécessaire]. La psychologie d'abord s'y intéresse, et notamment dans la mesure où le discours reflète l'état d'esprit de celui qui le professe, des auteurs, surtout américains, la rapprochent d'autres domaines dans une dimension sociale et historique. La mémoire (« memoria Â», ou « mnèmè Â» en grec) est l'art de retenir son discours. Pour l'auteur anonyme de la Rhétorique à Herennius, « la disposition sert à mettre en ordre les matériaux de l'invention de manière à présenter chaque élément à un endroit déterminé[107]. La dimension éthique du discours passe au second plan et le modèle social de l'« honnête homme Â» privilégie la forme. Elle s'applique à des objets aussi variés que, par exemple le discours politique, religieux, scientifique, artistique. Pour Aristote en effet le logos est premier, a contrario de Platon pour qui « le pathos, et non la vérité, commande le jeu de langage Â»[16], la raison étant l'apanage de la philosophie, discipline maîtresse pour Platon. D'après Jean-Jacques Robrieux, ils se sous-divisent en trois groupes : les arguments fondés sur la causalité et la succession comme la description, ceux fondés sur la confrontation comme la disqualification ou l'argument d'autorité et enfin les arguments inductifs comme l'illustration ou l'analogie. En réalité, la rhétorique classique marque un retour au pathos antique, tout en affirmant la supériorité de son éloquence sur le passé. Les trois styles (« simple Â», « moyen Â» et « sublime Â») sont également présentés[50]. L'histoire de la rhétorique peut se lire suivant deux voies : Dès la basse Antiquité, en effet, à la suite de la disparition de la cité antique, la fonction politique de la rhétorique s'est perdue : l’éloquence perd son statut d'instrument politique pour devenir simple fin recherchée en elle-même. Ainsi, les auteurs distinguent ceux fondés sur le bon sens, l'appel au conformisme, la ruse ou la violence. La rhétorique est ainsi vue traditionnellement comme l'apanage de la démagogie, du discours politique, de la publicité ou du marketing. Stratégies du sens en Chine, en Grèce[31] qu'il existait dans l'Empire du Milieu un art oratoire fondé également sur la persuasion. Tabl. La narration peut s'appuyer sur l'histoire, la légende ou la fiction. La France fait partie de l'Europe. https://www.bisrepetita.eu/vous-redigez/plan-du-discours-classique Les modèles deviennent Saint Augustin, Longin et Nicolas Boileau qui traduit le Traité du sublime du pseudo-Longin en français en 1674. et la memoria (procédés pour mémoriser le discours). Pour Michel Meyer, la différence principale tient au fait que « la rhétorique aborde la question par le biais de la réponse, présentant [la question] comme disparue, donc résolue, tandis que l'argumentation part de la question même, qu'elle explicite pour arriver à ce qui résout la différence, le différend, entre les individus Â»[26]. Partie souvent oubliée de l'art rhétorique et des études modernes[note 38], Cicéron en fait néanmoins une qualité naturelle de l'orateur[125] alors que Quintilien en fait une technique[126] se fondant sur la structure du discours d'une part et sur les procédés mnémotechniques d'autre part. J.-C. - 322 av. Voyons ici ces figures de rhétorique qui renforceront vos discours. Le judiciaire a le syllogisme rhétorique (ou enthymème) comme instrument principal, le délibératif privilégie l'exemple et l'épidictique met en avant l'amplification. Par ailleurs, les notions de « pathos Â», d'« Ã¨thos Â» et de « logos Â» ne se comprennent qu'en tenant compte de l'auditoire ; en d'autres mots, le discours oratoire s'articule autour de deux verbes qui l'ont souvent définis : convaincre et persuader. Cette approche met l'accent sur la rhétorique des tropes ou figures d'écart, la réduisant à l'élocution. Les fonctions de la rhétorique et les notions de « pathos Â» et de « logos Â» vont passionner les thèses philosophiques dès la Renaissance, en effet « Il n'est pas un philosophe du XVIIe siècle qui ne pose le problème de la place et de la puissance du logos […]. 18. En distinguant trois types d'auditeurs, il distingue ainsi, dans la Rhétorique, trois « genres rhétoriques Â», chacun trouvant à s'adapter à l'auditeur visé et visant un certain type d'effet social : À chaque discours s'accordent une série de techniques et un temps particulier : le passé pour le discours judiciaire (puisque c'est sur des faits accomplis que portent l'accusation ou la défense), le futur pour le délibératif (l'orateur envisage les enjeux et conséquences futures de la décision objet du débat), enfin le présent essentiellement mais aussi passé et futur pour le démonstratif (il est question des actes passés, présents et des souhaits futurs d'une personne). », « Rhétorique Â» ou « rhéto Â» est également un, « enlève à la rhétorique d'Aristote ses deux parties essentielles, l'invention et la disposition, pour ne lui laisser que l'élocution. Perelman s'inscrit dans la continuité de la tradition rhétorique d'Aristote et d'Isocrate qui conçoit la rhétorique comme la théorie du discours persuasif. Autrement dit, là où la logique s'occupe des arguments formels dont la vérité des conclusions suit nécessairement la vérité des prémisses par inférence déductive, la rhétorique s'occupe de l'argumentation non-formalisée qui est affaire de vraisemblance. « méta-langage (dont le langage-objet fut le « discours Â») qui a régné en Occident du Ve siècle av. Dans les mondes grec puis romain surtout, l'orateur a une fonction de médiation : « la vie politique se nourrit de cette transaction rhétorique, par quoi l'orateur persuade de manière réglée afin que ceux qui sont persuadés puissent, à leur tour, persuader d'autres Â» explique Philippe-Joseph Salazar[143]. « telle qu’elle a été élaborée par la culture de la Grèce antique, Trois notions centrales : le logos, le pathos et l'êthos, Évolution de la définition : linguistique et rhétorique, Préambule à l'histoire de la rhétorique, Une discipline d'origine essentiellement européenne, Rhétorique au Moyen Âge en Europe et dans le monde, Rhétorique à la Renaissance et jusqu'au, Réhabilitation de l'art oratoire antique, D'une rhétorique universelle à une rhétorique nationale, Bernard Lamy et la « nouvelle rhétorique Â», Développement d'une rhétorique du discours politique, La Nouvelle Rhétorique : renouveau de la tradition aristotélicienne, L'approche stylistique et sémiotique du groupe µ et de Roland Barthes, Connaissance du sujet : l'enjeu de la rhétorique, L'auditoire : « convaincre Â» et « persuader Â», Les arguments contraignants et de mauvaise foi, Des processus cognitifs à l'œuvre dans le système rhétorique, « la faculté de considérer, pour chaque question, ce qui peut être propre à persuader Â», « méta-langage (dont le langage-objet fut le « discours Â») qui a régné en Occident du, « l'art d'appliquer la raison à l'imagination pour mieux mouvoir la volonté Â», « on peut tirer la rhétorique de tous les côtés, mais ça sera aux dépens de son unité, si ce n'est par réduction et extension arbitraires qui se verront de toute façon opposées par une autre Â», « essayer de résumer très simplement : la rhétorique est, « la rhétorique lisse et arrondit les problèmes, qui s'estompent du même coup sous l'effet du discours éloquent Â», « L'unité est une exigence interne de la rhétorique Â», « la discipline de la parole en action, de la parole agissante Â», « prouver la vérité de ce qu'on affirme, se concilier la bienveillance des auditeurs, éveiller en eux toutes les émotions qui sont utiles à la cause Â», « la rhétorique est la négociation de la différence entre des individus sur une question donnée Â», « la rhétorique a été réduite à ce qu'elle a de plus linguistique, c'est-à-dire la théorie des figures Â», « un besoin d'expression [et] de décoder des messages de plus en plus complexes Â», « Le sophiste est l'antithèse du philosophe comme la rhétorique est le contraire de la pensée juste Â», « dévaloriser des modes d'expressions affectés, ampoulés ou artificiels Â», « en œuvre un raisonnement dans une situation de communication Â», « L'argumentation devra s'élever en proportion de la grandeur du sujet Â», « la rhétorique aborde la question par le biais de la réponse, présentant [la question] comme disparue, donc résolue, tandis que l'argumentation part de la question même, qu'elle explicite pour arriver à ce qui résout la différence, le différend, entre les individus Â», « le propre de la rhétorique, c'est de reconnaître ce qui est probable et ce qui n'a que l'apparence de la probabilité Â», « Elle se prononce sur l'opinion, non sur l'être ; elle a sa source dans une, « Les Sophistes s'adressent à quiconque veut acquérir la supériorité requise pour triompher dans l'arène politique Â», « moyen d'argumenter, à l'aide de notions communes et d'éléments de preuve rationnels, afin de faire admettre des idées à un auditoire Â», « Ainsi est tracée, avec Aristote, la voie d'une rhétorique fondée sur la logique des valeurs Â», « absorbe l'essentiel des sciences du langage Â», « jou[ant] un rôle dans tous les domaines liés de près ou de loin au sacré Â», « il est en cette matière la principale référence du, « Ce siècle verra s'achever le lent basculement de la tension entre l’, « esthétique rhétorique préromantique Â», « aboutissement de la rhétorique française Â», « mise à l’écart de la rhétorique Â», « La rhétorique n'est plus l'art de persuader, mais simplement de plaire Â», « Il est [même] probable qu'il existe une seule, « une étude du malentendu et de ses remèdes Â», « a study of misunderstandings and its remedies Â», « le champ immense de le pensée non-formalisée Â», « elle est l'ancienne et nouvelle reine des sciences humaines Â», « on décompose la rhétorique en quatre parties, lesquelles représentent les quatre phases par lesquelles passe celui qui compose un discours Â», « Possède le sujet, les mots suivront Â», « Ã©quité est presque la plus efficace des preuves Â», « chefs généraux auxquels on peut rapporter toutes les preuves dont on se sert dans les diverses matières que l'on traite Â», « Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando ? J.-C., éclairent cette dimension. L'exorde doit néanmoins présenter le sujet ou les faits. Pour Cicéron et Quintilien, le citoyen est l'interlocuteur du discours rhétorique. Jean-Jacques Robrieux donne ainsi cet exemple[148] : « Toute l'Europe est démocratique. La définition est un argument quasi-logique quand elle est choisie par l'orateur parmi différentes définitions possibles d'un même concept. L’invention oratoire est la partie de la rhétorique qui enseigne à trouver les matériaux ou les idées dont peut se composer un discours. Le magistrat parisien Guillaume du Vair synthétise cet esprit. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Ce choix est argumentatif en ce qu'il influence la pensée de l'auditoire. » Cet auteur distingue par ailleurs deux mémoires : La mémoire artificielle prend ainsi appui principalement sur le sens visuel, sur des images et des techniques permettant de décrire un objet ou une personne comme s'ils étaient sous les yeux de l'auditoire. Aux États-Unis, selon Michel Meyer, la rhétorique est associée au débat politique et démocratique, à l'élévation sociale et à la défense du justiciable. La règle de justice est l'analogue dans l'argumentation de la règle de symétrie dans un système formel. La rhétorique propose par là même des clefs pour comprendre l'action du discours sur les esprits. Voir la circulaire ministérielle publiée dans le B.O. Ellipse et pléonasme, hyperbate ou syllepse, régression, répétition, anaphore, apposition, tels sont les « déplacements Â» syntaxiques, métaphore, catachrèse, antonomase, allégorie, métonymie et synecdoque, les « condensations Â» sémantiques, où Freud nous apprend à lire les intentions ostentatoires ou démonstratives, dissimulatrices ou persuasives, rétorsives ou séductrices, dont le sujet module son discours onirique Â»[184]. Pour nombre d'auteurs, les débuts quasi mythiques de la discipline, relatés par Aristote, selon qui la rhétorique est née après que les tyrans de Sicile aient été expulsés par le peuple, au Ve siècle av. Vous devez donc maîtriser les bases pour être performant dans n’importe quel type de présentation.