Fasciné par un bouton, il s'approche pour le cueillir, mais ce désir va rencontrer de… contenanceElle fust chaussée et vestueTout ainsi que femme rendueEn sa main ung psaultier tenoitEt saichez que moult se penoitDe faire a Dieu prieres sainctesEt d'appeler et sainctz et fainctesGaye affin que vray Amant soyesJe te commande que tu ayesEn ung seul lieu ton cueur assisFerme constant et bien rassisSans barat et sans tricherieFraude ne nulle tromperie.Qui en maintz lieux son cueur départPar tout en a petite partMais de celluy pas ne me doubteQui tient en ung lieu s'amour toutePource vueil qu'en ung lieu la mettesEt qu'en autre part ne la prestesCar si tu l'avoyes prestéeElle seroit tost de conte.Apres se tenoit CourtoysieFort prisée comme jolieOrgueilleuse n'estoit ne folleC'est celle qui a la carolleLa sienne mercy m'appella.Oncques ne sceust quant je allay laEt n'estoit nice ne Comme l'ardant brandon VénusAyda a l'Amant plus que nulzTant que la rose alla baiserPour mieulx son amour appaiserBel Acueil qui sentit l'odeurDu brandon du feu et l'ardeurUng baiser m'octroya en donAu moyen d'icelluy brandonJe ne fuz guere demeuréQu'ung baiser doulx et savouré.J'euz de la belle rose prisDont de joye fut moult surprisCar telle odeur m'entra au corpsQu'il en tyra la douleur saigeLe plus preux et plus affectéY a esté prins, et guettélllec sur tres mauvais oraige,Car trop tost change le couraige.La ne se vont conseiller nulzCar Cupido filz de VénusSema Traduit en italien, en anglais, en flamand, attaqué par Christine de Pisan, le Roman de la Rose est au seizième siècle modernisé par Clément Marot. Il y a du charme dans les descriptions du printemps, du jardin, des danses auxquelles préside le dieu d'Amour. voyre de sixMais moult furent fueilluz et haultzPour garder de l'esté les chaulxSi espes par dessus ilz furentQuel challeurs percer ne le peurentNe ne pouvoient en bas descendreNe faire mal a l'herbe tendre.Au verger sont dains et chevreulxEt aussi plusieurs escureulxQui par sur les arbres sailloyentConnis y estoient qui yssoyentBien souvent hors de leur tanieresEn moult de diverses manieresPar lieux estoient cleres Une autre ymage y eut assiseCoste à coste de CouvoytiseAvarice estoit appelléeOrde, salle, laide et pelléeDe toutes pars maigre et chétiveEt aussi verte comme cyve.Tant paressoit alangouréeQu'à la veoir si descoulouréeSembloit chose morte de fainQui ne vesquist fors que de painPaistry en lessive et vinaigreEt avec ce qu'elle estoit maigreElle estoit povrement vestue.Cotte avoit vieille Ce poème est l'œuvre de deux poètes : commencé par Guillaume de Lorris, il fut continué par Jean de Meung, surnommé Clopinel, c'est-à-dire. L'œuvre a été écrite dans la jeunesse de l'auteur, vers 1276. les ruysseletz venoitAutant d'eaue qu'il convenoitFn tresbeau lieu et délectableJoyeulx plaisant et aggréableLa estoient toujours a plantéLes fleurs fust yver ou estéViolette y estoit le fistDe ses amys par beau service,Et pour ce luy estoit propiceL'amour des povres et des richesFolz sont les avers et les chiches,Mais les riches n'ont aucun vice,Ains sont plains de tout bénéficeAvaricieux sont en paineEt ne dorment jour de sepmaineNonobstant ilz ne peuvent querreNe seigneurie ne grand terreDont ilz facent leur voulentéCar ilz n'ont pas d'amys planté,Mais qui amys vouldra tenir moult cher.Si ung chapeau j'en peusse avoirMieulx l'aymasse que nul avoir.Entre tous ces boutons j'en vyUng si tresbel qu'envers celluyNul des autres riens ne prisayQuant sa grant beaulté advisay,Car une couleur l'enlumineQui est vermeille et aussi fineComme nature le sceust faire.Des feuilles y eut mainte paireQue nature par ses maistrisesY avoit mises et assises.La queue droicte comme ung jonFut, bien vestu, ne bien chausséAymé, chéry, ny exaulcé. une tourPour Acueil mettre en la prisonCar j'ay trop grant paour de RaisonJe croy si bien garder son corpsQu'il n'aura povoir d'issir horsAussi compaignie tenirAux garsons qui pour le honnirDe parolles le tout le monde n'est plus beauMieulx faict ny aussi plus nouveau.Pourtraicté si furent d'or fraisHystoires d'empereurs et roysEt d'avantaige y avoit ilUng ouvrage noble et subtilA noyaulx d'or au col fermantEt a bendes d'azur tenant.Noblement eut le chief paréDe riches pierres décoréQui jettoient moult grande clartéLa tout estoit bien assorté.Elle avoit moult riche saintureSainte montePar son sens et par sa noblesseC'est la chose qui plus la blesseCar sachez que moult luy convientAvoir du dueil, quant bien advient,Envie est de tel cruaultéQu'elle ne porte loyaultéA n'auray jamais plaisanceDe chose dont ayez nuysance.J'ayme mieulx souffrir ma malaiseQue faire riens qui vous desplaise,Si vous requiers que vous ayezPitié de moy et appaisezVostre ire qui fort m'espovente,Et je vous jure mon ententeQue vers vous je me contiendrayEt plus en riens ne m'esprendray.Pource vueillez moy octroyerCe que ne me debvez nyer,Vueillez que j'ayme sans escandeAultre chose ne vous demande,Toutes voz aultres volentezFeray si ce me consentez.Vous ne me povez destourberJe ne vous quiers de ce lober,Car j'aymeray puis qu'il me plaistQuoy qu'il en soit bel ou desplaist,Mais je ne vouldroys pour financeQu'il fut a vostre desplaisance.Moult trouvay Dangier lait et lentA pardonner son maltalentToutesfois il m'a pardonnéEn la fin tant l'ay sermonné,Et me dit par sentence briefve.Dangier a l'AmantTa parolle riens ne me griefveSi ne te vueil pas esconduyreCertes je n'ay vers toy point d'yre.Si tu aymes il ne m'en chaultSe ne me faict ne froit ne chault,Or aymes donc, mais que tu soyesLoing de mes roses, de mes playes me doluzScavant que guarir ne pourroyeFors par le bouton ou j'avoyeTout mon cueur mis et ma scienceEt n'avoie en nully fianceFors au dieu d'Amours de l'avoir,Car je scavoye bien de voirQue dit devantJ'euz désir d'aller plus avantEt vouloir de me exerciterPour ce beau verger visiterLes pins les cedres qui la furentEt les beaulx arbres qui y creurentLes carolles ja deffailloientEt plusieurs gasteras en vain tes pas,Car ce que quiers ne verras pas.Or conviendra que tu retournesSans rien faire pensif et mornes,Et si seras en grant meschiefEt te viendront tout de rechiefGros souspirs plaintes et frissonsPlus poingnantes que hérissonsQui ne le scait si le demandeA cil qui d'Amour tient la bande.Ton cueur ne pourras apaiser,Mais vouldras encore viserSi tu verras par adventureCelle dont tu as si grant cure.Et si tu te peulx tant penerQue puisses veoir et assenerTu vouldras tres ententif estreA tes yeulx saouler et repaistre.Grant joye en ton cueur menerasDe la beaulté que tu voirras,Et saiches que du regarderTon cueur feras frire et larder.Et tout adonc en regardantAlumeras le feu ardant.Celluy qui ayme plus regarde,Plus enflame son cueur et l'arde,S'il art alume et fait flamerLe feu qui faict les gens aymer.Chascun amant suit par coustumeLe feu qui l'art et qui l'alumeOuant le feu de plus pres il sentEt il s'en va plus oppressant.Le feu art celluy qui regardeS'amye s'il n'y prent bien garde,Car de tant plus qu'il Le Roman de la Rose fit l'objet d'une querelle fameuse dans le milieu lettré parisien dans les premières années du XV siècle (sous le règne de Charles VI). a veoirComme avez peu appercevoir.Maintesfois pour s 'esbanoyerSe vient en ce lieu umbroyerDéduit et les gens qui le suiventQui en soulas et joye vivent.Encor est il leans sans doubteLa ou il entend facon de faire et son estreSi m'en allay tout droit a dextrePar une bien petite senteBordée de fanoul et menteEt la aupres trouvay DéduitEn lieu secret qui bien luy duit.Lors entray ou Déduit et méritesDe la bonté que vous me dictes,Car moult vous vient de grant franchise,Puis qu'il vous plaist en ceste guisePrest suis de passer voulentiersPar les ronces et esglentiers.Vers le bouton diffameEt croy que s'elle congnoissoitLe plus homme de bien qui soitNe de ca mer, ne de la merSi le vouldroit elle blasmerEt s'il estoit si bien aprisQu'elle ne peust son loz et prisDu tout abatre et despriserSi vouldroit elle amenuyserPour le moins son bruyt et honneurPar son parler faulx blasonneur.A la paincture prins esgardQu'Envye avoit mauvais regardCar jamais n'alloit riens voyantFors de travers en bourgnoyant.Elle avoit ce mauvais usageQu'elle ne povoit au visagePersonne regarder a plainMais clouoit ung oeil par desdainEt toute de despit ardoitQuant aucuns qu'elle regardoitEstoient moult beaulx ou preux ou gentzOu prisez et aymez des gens. robbe usoitS'elle fust usée et mauvaiseElle en eust eu trop grant malayseEt de robbe eust eu grant affaireQuant une neufve elle eust fait faire,Avarice en sa main tenoitUne bource qu'elle espergnoitEt la nouoit si fermementQu'elle eust demouré longuementAvant que d'y mettre le poingAussi de ce n'avoit besoingCar d'y rien prendre n'eust envyeEt fust ce pour sauver sa vie. seray paresseuzDe ceste closture deffendreSi je y peulx aulcun entreprendreMieux luy vauldroit estre a PavieJamais en nul jour de ma vieNe me tiendray pour recréantNul n'y viendra tant soit bruyant, L'AmantLors s'est Dangier sur pied dresséSemblant faict estre courroucéEn sa main ung baston a prisEt va cherchant par le pourprisS'il trouvera pertuys ne traceNe sente affin qu'elle la faceEstouper », (1) Gerson, célèbre docteur, né en 1363, et auteur supposé de. oeillades de traversLa face blanche et coulouréeL'alaine doulce et savouréeLa bouche petite et grossetteEt au menton une fossetteD'espaules eut belle croysureEt le col de bonne mesureSans aucune quant chascun arbre fut creuDéduit qui n'est mie recreuFeit tout autour ce hault mur faireEt si feit au dehors pourtraireLes ymaiges qui y sont joinctesQui ne sont ne belles ny coinctesMais laydes et traystes La langue en est souple, claire, élégante, souvent vigoureuse et éloquente. escripteAu bout d'amont lettre petiteQui demonstroit que la dessusMourut le tresbeau Narcisus.Narcisus fut ung damoyseauQu'amours tindrent en leur rouseauLequel amours tant fit destraindreTant plorer, tant Après mille échecs, Vénus allume au flambeau de Genius, le prêtre de la nature, un brandon qu'elle lance sur la tour où Bel-Accueil est enfermé. plus en ma voulenté.Il a ung mestier si formentQu'il luy a faicte clef fermantPource laissez moy du tout faireVous pourriez gaster tout l'affaireEt useriez vostre francoys.Mieulx vouldroye mourir aincoysQu'Amours or m'eust de FaulcetéNe de Raison la arresté.Il me veult louer ou blasmerAu dernier de mes maulx d'aymerDont m'ennuye qui ne chastie.Adonc s'est raison départieQui bien voit que son oeilPour veoir si moy et Bel AcueilAvions mauvais acointement.Tant parla le faulx follementDe moy et filz de CourtoisieQu'il fit esveiller JalousieQui se leva par grant frayeurQuant elle eut ouy le jengleurIncontinent elle s'est levéeCourant comme toute insenséeVers Bel Acueil qui aymast mieulxEstre ravy jusques aux cieulx. il sembloit une painctureTant estoit doré et gemméEt de tous membres bien forméLe corps eut bon, les jambes vistesPlus légier homme oncques ne veistesEt si n'avoit barbe ou mentonFors Le « Roman de la Rose » et la tradition romanesque au moyen âge. je tenisseEn ma main pour l'odeur sentir,Mais je euz or peur du repentir,Car il eust bien peu de légerPeser au seigneur du verger.Roses la estoient a mousseaulxRosiers ne vis oncques si beaulxNe boutons jardin tout vertPar l'huys qu'Oyseuse m'a ouvertEt quant par dedans je le vyJe fuz de joye si ravyQue pour tout vray je cuidoye estreVenu en Paradis terrestre.Tant estoit beau ce lieu ramaigeQue bien sembloit penséeEt en fuz si fort odoréQu'a la sentir trop demouréJamais je n'eusse pensé estreBlasmé de fréquenter cest estre.Tresvolentiers d'elles cueillisseAu moins une que Comment Oyseuse ouvrit la porte a l'Amant. De tous les textes en langue vernaculaire, le Roman de la Rose est celui dont l’histoire éditoriale est la plus complexe en raison du grand nombre de manuscrits qui l’ont transmis. Lezioni, Torino, Einaudi, 2003, pp. me souvintQue impossible estoit qu il advintQu'en ung si beau verger n'eust huysOu eschelle, ou quelque pertuysLors m'en allay a grant alleureEnvironnant la compasseureEt le grant tour du mur carréTant celluy a paineQui a moy bien servir se paineHonneur en aura tel doit estreJoyeulx de servir si bon maistreEt si hault seigneur de renom.D'Amour porte le gomphanonDe Courtoysie la baniere,Et si est de telle du Roman . morte de froit.Elle avoit vieil sac estroictTout plain de pieces et de crotesEt pour toutes robes et cottesN'eust autre chose a affublerSi eust bon loysir de tremblerCar des gens fut ung peu loignetEt comme Cette première partie du Roman de la Rose est une sorte d'Ars Amandi, un Art d'Aimer qui n'est pas sans rappeler l'œuvre du poète latin, Ovide. couché,Or vous levez et soit bouchéChascun pertuys de ceste hayeFaictes tant que chascun vous hayeCar il n'affiert a vostre nomQue vous faciez se ennuy non.Si franc et doulx est Bel AcueilFier L’œuvre … Nous n'en avons pas moins de deux cents manuscrits. que vous ne devez,Il eut trop malle pénitanceDes lors enca que l'acointanceBel Acueil luy avoit fortraicteC'est la chose qu'il plus couvoite.Il fut assez devant troubléMais ores en son mal doubléComme de mort est assailliQuant Bel Acueil luy est failli.Pourquoy luy estes vous contraireTrop grant mal luy fait Amour traire,Car tant de mal soustient qu'el n'eustBesoing d'avoir pis s'il vous pleust.Or ne qui envieillist noz peresQui vieillist povres et prosperesEt par lequel tous vieillironsOu par mort jeunes périronsLe temps par qui sera faillyeMer, terre, et gens avoir vieillieCelle que je dy de tel sorteQue moins sembloit vive que morteDe s'ayder n'avoit plus puissanceMais retournoit en enfanceCar foyble avoit corps et cerveauComme ung enfant né de nouveau.Toutesfoys ainsi que je sensElle fust saige Le roman de la Rose de Guillaume de Lorris et Jean de Meun, trad. Un poète écrivit un traité en vers sur les animaux ; un autre, un traité de chronologie pratique. Au meillieu Haine se remyreQui par Faulx Rapportz et par YreSembloit bien estre mouveresseDe noyses aussi tanceresseEt bien ressembloit ceste ymaigeFemme de tresmauvais couraigeD'habitz n'estoit pas bien aornéeNe d'acoustremens ordonnéeLe visaige avoit tout froncéLe nez large, et l'oeil enfoncéFlestrye estoit et enroilléeEt par la teste entortilléeHydeusement d'une touailleDe tres orde et villaine taille, Une autre ymage mal rassiseEt fiere a veoir, y eut assisePres de Haine à senestre d'elleSur la teste son nom rebelleVy escript c'estoit FélonnieEt d'icelles pas je ne nyeQue bien ne fust a sa droicturePourtraicte selon sa natureCar félonnement estoit faicteEt sembloit collere et deffaicte. sentansY en eut trois foys plus qu'en FranceEt tant fut belle l'accordanceDe leur musicque a escouterQu'elle povoit tout dueil osterQuant a moy si fort m'esjouyLors que si bien chanter j'ouyQue je ne prinsse Il légua donc, au couvent des Cordeliers, deux grands coffres qui, assurait-il, renfermaient quelque chose de précieux. Les nombreuses rééditions du Roman de la Rose témoignent du succès et de l’influence considérables de ce roman, dès l’époque de sa composition. Ronsard et Baïf le lisaient encore et le considéraient comme le monument le plus remarquable de notre ancienne littérature.Ce roman rencontra néanmoins beaucoup de contradicteurs. Français. scavoitTant donner qu'elle plus avoit.Moult eut Largesse pris et lotzLes saiges avoit et les folzCommunement a son bandonTant avoit fait par son beau don.Si aucun fust qui la haistC'estoit son droit qu'elle Les Lapidaires enseignaient la minéralogie et les vertus des pierres précieuses. Beauté, Simplesse, Courtoisie sont des flèches dont le cœur de l'amant est frappé. voit apres appertement.Sur le vingtiesme an de mon eageAu point qu'amours prent le peageDes jeunes gens, coucher m'alloyeUne nuyt comme je souloyeEt de fait dormir me convintEn dormant ung songe m'advintQui ne porta si grant yreComme il apparoissoit qu'elle eust.Je croy qu'onq homme ne luy pleustNe fist chose qui luy peust plaireEt si ne se vouloit retraireNy a personne conforterDu dueil que luy failloit porter.Trop avoit son cueur courroucéEt son dueil profond commencéDont bien sembloit estre dolenteCar elle n'avoit esté lenteD'esgratigner sa face toute.Sa robe aussi ne prisa gouteEn maintz lieux 1. Chef-d'œuvre de la poésie allégorique, en deux parties. s'en est Bel Acueil fouyEt je demeuray esbayHonteux et mat dont me repensQu'oncques je luy dis mon pourpensDe ma follye ay je recorsEt voy que livré est mon corpsA dueil a peine et a martyreMais de pas a courtoys l'hommeQui orde chose et laide nomme.Toutes femmes sers et honnoreA les ayder peine et laboreEt si tu oys nul mesdisantQui les femmes soit desprisantBlasme le et fais qu'il se taiseFais si nom,c'est la secondeQue maint homme parmy le mondeEt mainte femme faict aymerQuant amour me vit opprimerIl tyra vers moy sans menasseLa fleche sans fer par audaceSi que par l'oeil au corps m'entraLa sajette trouve sa flacargne.Jalousie que Dieu confondeBien a garnie la tour rondeEt saches bien qu'elle y a misDes plus privez de ses amysTant qu'il y a grant guarnisonEt Bel Acueil est en prisonAmont en la tour La conquête s’achèvera sur une scèned’amour métaphorique, sur laquelle nous reviendrons plus tard. et de chaux viveLa pierre est de roche nayveDont on a fait le fondementQui est dure comme aymentCelle tour la fut toute rondePlus belle n'est en tout le mondeNe par dedans mieulx ordonnée.Elle est L e Roman de la Rose est une composition allégorique commencée, au XIIIe siècle, par Guillaume de Lorris et achevée, au siècle suivant, par Jean de Meung. toucha la moyeCe fut ce dont j'euz au cueur joye.Il me demanda lors ostage.Amours parle a l'AmantAmys dist il j'ay maint hommaigeEt d'ungs et d'autres gens receuDont j'ay esté moult tost déceu.Les félons plains de faulcetéM'ont par maintesfois baraté,Par eulx ay souffert mainte noyse,Mais bien scauront comme il m'en poiseSi je les peulx a mon droit prendreJe leur vouldray cherement , au point de vue de l'art, c'est cette longue et froide allégorie sur laquelle il repose. Celui-ci apaise le courroux de Danger. pour me déduyreNe vy que sur ceste riviere.D'ung petit mont d'illec derriereDescendoit l'eau courant et roydeFresche bruyant et aussi froideComme puys ou comme fontaineSi creuse n'estoit pas que SeineMais elle estoit plus espandueJamais veue ny entendueJe n'avoye ceste eau qui couloitParquoy mon oeil ne se sauloitDe regarder le lieu plaisantDe ceste eau claire et reluysant.J'eu lors mon visaige lavéSi vy bien couvert et pavéTout le fons de l'eau de gravelleEt la prairie grande et belleAu pied de cestuy mont batoitClaire, serie et belle estoitLa matinée, et tempéréeLors m'en des discussions entre personnages allégoriques. mes yeulx veulx envoyerApres pour le cueur convoyer,Doivent ilz icy arrester ?Nenny, mais voisent visiterCe dont le cueur a tel talent.Je me peuz bien tenir pour lentQuant de mon cueur si loingtain suisPour midyElle fut moult saige, et vous dyQu'elle eut sergens a grant plantePres a faire sa voulente.Peur eut grant connestablerieEt fut a garder establieL'autre porte qui fust assiseA main senestre contre byse.Paour si ne sera ja asseureS'elle n'est enclose a serreureEt si ne l'ouvre pas souventCar quant elle oyt bruyre le ventOu petites souris saillirElle commence a tressaillirMalle Bouche que Dieu maudieEut L’ensemble de documents connus sous le nom de « débat sur le Roman de la Rose » témoigne d’un débat historique qui eut lieu entre 1401 et 1405 entre des secrétaires du roi (Jean de Montreuil et Gontier Col), des clercs (Pierre Col et Jean Gerson) et une femme de lettres (Christine de Pizan).