Au printemps 1881, une partie des champs de Saint-Lambert se couvrent de vignes. En effet, le cultivateur Noël Mercille signe un marché avec un brasseur nommé Joseph Colley, stipulant que, pour une durée de cinq ans, le Lambertois réserve un espace enclos suffisant pour planter 2 000 plants de vigne sur sa terre. Cette terre allait en gros du fleuve à la Coulée verte, de l’avenue Notre-Dame à l’avenue de Curzon. Le document ne précise pas dans quelle partie de la terre le vignoble était planté.

Les associés partagent les frais de culture, de support et d’entretien des plants, de même que les produits (raisins et boutures). Le brasseur prend à ses frais le remplacement des vignes qui n’ont pas résisté au premier hiver. Au terme du marché, Noël Mercille devient le seul propriétaire du vignoble. Il précise toutefois qu’il ne s’y connaît absolument pas dans cette culture et qu’il peut se faire remplacer pour les travaux qu’il doit y faire. Ce privilège lui est limité, le brasseur étant tenu d’y travailler personnellement.

Quelle est la compétence du brasseur? Il est difficile de le dire. Selon l’annuaire Lovell, en 1876, il est dit peintre, habitant la rue de La Gauchetière, tandis que l’année suivante, il habite rue McCord (de la Montagne, dans le secteur de Griffintown) et n’affiche aucun métier. On en perd la trace par la suite. L’entente durera-t-elle? La recherche répondra peut-être un jour à cette question…

(2015)