Christmas Tree League - 10e anniversaireEn 1913, la pauvreté, combinée au froid, fait comme toujours craindre le pire, et les mieux nantis s’en inquiètent. À cette époque, les services sociaux sont pris en charge par des laïcs, le plus souvent à l’instigation et sous la direction de femmes de la bourgeoisie. Cette prise en main chez les catholiques passera par leur paroisse et, chez les protestants, par leurs organisations sociales. Ce sera le cas ici.

L’infatigable Bertha Belasco Burland, établie en 1900 à Saint-Lambert lors de son mariage, y a animé toute la vie culturelle, de la musique au théâtre en passant par l’opéra et la littérature. Comme chaque année, on s’affaire à recueillir des dons pour alléger les problèmes vécus par les familles pauvres en hiver, madame Burland et ses collaborateurs – les Bragg, Craig, Rosevear, Smith, Smiley ou Sproule – cherchent à favoriser la générosité des citoyens. Pourquoi ne pas effectuer la cueillette, symboliquement, sous un grand arbre de Noël illuminé et dressé dans un parc de l’avenue Lorne? Le village devient alors une famille. Cet arbre de Noël sera le premier  installé sur une place publique au Canada. Les pauvres en bénéficieront sans égard à la langue parlée ou la religion pratiquée!

Le 23 décembre 1913, un grand sapin illuminé, “ … with gorgeous colored lights and capped by the Star of Hope ”, est destiné à recevoir nourriture et vêtements. Les enfants sont invités à y laisser un jouet. On recueille aussi du charbon et des médicaments. C’est un franc succès et on décide d’en faire une activité récurrente. Cette oeuvre caritative s’appellera la Canadian Christmas Tree League. La première guerre mondiale, la grippe espagnole, la crise économique de 1929, puis l’autre guerre maintiendront l’urgent besoin de cette aide qui durera … jusqu’en 1968.

Ainsi s’exprimait, dans le texte de présentation du rapport du dixième anniversaire de l’organisme, l’ex-maire Percy Webster : “ … the beautiful Christmas Tree… stood to remind us that such things as love, generosity and devotion exist. It taught us love and duty to our less fortunate neighbor. Homes were made bright and happy. Bare cupboards were filled. No empty stockings …the Star of Bethlehem has passed ”.

Monette Saint-Jacques (2012)