Quand l’Histoire nous rejoint…

Lorsqu’on s’intéresse aux débuts de la seigneurie de La Prairie de la Madeleine ou de la baronnie de Longueuil, on remarque des noms toujours familiers : du côté de La Prairie (entre les actuelles avenue Victoria et ville de Brossard), on trouvait les Marsil, Perras, Alloire dit Roy, Bétourné ou Truteau, ou du côté de Longueuil (entre l’avenue Victoria et le chemin Tiffin), les Achim, Sainte-Marie ou, à nouveau, Marsil.

Ces patronymes ont certes évolué un peu dans leur orthographe, mais ils peuvent être ceux de nos voisins, plus de 300 ans plus tard. Qu’on en juge : l’ex-conseiller municipal, Claude Trudeau est le grand-père d’un petit Nicolas, 12e génération depuis l’établissement au Mouillepied de son ancêtre, le charpentier Étienne Truteau qui a construit de nombreuses maisons à Ville-Marie au XVIIe siècle.

De plus, les filiations matrilinéaires cachent parfois aussi une présence de longue date : notre fromager de l’Échoppe, Max Morin-Dubois dont le père est issu d’une Langevin, elle-même fille d’une Trudeau. Son arrière-arrière-grand-père était Victor Trudeau, marchand général sur l’avenue Victoria au tournant du XXe siècle, échevin en son temps. Moïse, le père de ce dernier, a fait don du terrain qui logea l’école municipale sur le chemin du bord de l’eau en 1860. Les enfants de Max sont donc eux aussi de la 12e génération à Saint-Lambert.

Le pompier qu’on aperçoit ici à gauche de la photo de 1910 est Philias Trudeau, dont le 4e aïeul est le même que celui de Victor Trudeau. Ses petits-enfants vivent toujours à Saint-Lambert. On peut voir sur le camion, Napoléon Gravel, premier chef de police de Saint-Lambert, père et grand-père des célèbres concessionnaires de voitures, Jean (John) et Jean-Claude. Bien que de souche plus récente, la famille Gravel est présente ici depuis environ 1885.

Le premier maire de Saint-Lambert était l’avocat Louis Bétournay et son frère Pierre l’a été à son tour en 1864. Ils sont membres d’une famille dont les traces chez nous remontent à 1690, et dont on retrouve des descendants encore de nos jours. Tout comme les Marsil/Mercille, ils se sont bien implantés au fil des siècles, devenant d’importants propriétaires terriens jusqu’à la fin du XIXe siècle. Plusieurs de nos maisons anciennes ont été possédées par des membres de ces familles. Il est heureux que des traces de leur passage persistent encore.
Les pompiers et leur chef Napoléon Gravel vers 1910 (Collection de la Société d'histoire Mouillepied)