Trois mois avant l’incorporation de la municipalité de Saint-Lambert, le 30 mars 1857 devant le notaire Patrice Lacombe, Charles Phillips, pourtant protestant, et Pierre Bétournay font conjointement don à la « Corporation de l’Évêque Catholique Romain de Montréal, dans la province du Bas-Canada », représentée par Mgr Ignace Bourget, d’un lot de 426’ de front sur 456’ de profondeur, enclavé dans leur ferme « pour fins exclusives du culte catholique ». Cet endroit est aujourd’hui traversé par le boulevard Union, à peu près où se trouve le parc.

En octobre 1857, le menuisier de Longueuil Louis Bissonnet reproche aux francs-tenanciers de Saint-Lambert qu’à la suite d’un marché verbal conclu avec eux pour « faire et parfaire une chapelle en briques », le marché n’ait pas été signé, les garanties n’aient pas été fournies et les matériaux promis n’aient pas été livrés.

Plus tard, les travaux sont partiellement effectués par Alexis Mailhot, mais en novembre 1858, Adélard-Joseph Boucher adresse un mémoire à Mgr Bourget, déplorant l’arrêt des travaux, attribué à Louis Bétournay, maire de Saint-Lambert et frère du donateur. Boucher souligne que les 4 ou 500 âmes Lambertoises sont privées de tout secours et instruction religieuse, « alléchées au culte protestant qui s’y fait chaque dimanche, trop fatiguées et trop pauvres pour faire trois milles de mauvais chemins » jusqu’à l’église de Longueuil. Boucher ajoute que les Lambertois ont « au milieu d’eux d’innombrables cantines où l’on blasphème jour et nuit ».

Quoiqu’il en soit, suite à toutes ces dissension, les travaux sont abandonnés, et les catholiques n’auront leur chapelle que 30 ans plus tard, dans une maison appartenant au franc-tenancier Noël Mercille, aujourd’hui la maison Marsil.

(2009)