Photographiée en 1911, une des maisons ayant appartenu à Alexis Mercille (Fonds SHM)

Photographiée en 1911, une des maisons ayant appartenu à Alexis Mercille (Fonds SHM)

En 1855, Alexis Mercille tente de trouver un compromis avec le maître-menuisier de Longueuil, François Patenaude, autour du prix de rénovation que le premier a fait faire par le second, l’automne précédent, sur deux « maisons de pierre ou cailloux »  au bord du fleuve à Saint-Lambert. Le sieur Mercille, comme on l’appelle dans l’acte notarié, est cultivateur et occupe une des deux maisons, celle qu’on appelle maison Mercille, sise aujourd’hui à l’angle du chemin Riverside et de l’avenue Pine. L’autre maison est la maison qui a logé le musée Marsil, à l’angle de l’avenue Notre-Dame.

Le document est intéressant en ce sens qu’on y précise la nature des travaux à faire sur les deux maisons, et il nous donne de précieuses indications sur l’aménagement intérieur. Signalons entre autres travaux : couvrir les maisons de bardeaux; faire des galeries couvertes sur chaque côté; déposer les vieux doubles chassis et les vieux contrevents de manière à les faire adapter aux ouvertures; poser de nouvelles cloisons; doubler les planchers; « cornicher » les plafonds; construire des escaliers, tant pour monter dans les combles que pour descendre à la cave; faire des corniches à chaque pignon le long des couvertures; poser des plinthes et des appuis de chaises; doubler les portes; poser des dalles (gouttières); faire des jalousies.

Cette description nous renseigne sur les nouveaux usages ou l’adaptation nécessaire, par exemple, pour les galeries couvertes (jusqu’alors les larmiers étaient courts), protégeant tant l’habitant que les murs de la pluie ou de la neige. Les nouveaux escaliers remplaçaient probablement des échelles ou des escaliers dits de meunier, signe que les combles étaient auparavant plus utilitaires qu’habités. À l’époque, les pierre des murs extérieurs étaient aussi recouvertes de chaux. En 2014, 160 ans plus tard, une restauration de la maison Marsil a été faite pour la ville de Saint-Lambert, propriétaire du bâtiment, grâce à une subvention du ministère de la Culture et des Communications du Québec, octroyée à la condition qu’elle conserve une vocation culturelle. Des bénévoles de la Pratt & Whitney avaient aussi consacré des centaines d’heures, en 1978, afin de transformer cette résidence en musée.

(2015)