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  • Le Mulligan : une origine lambertoise?

    Le Mulligan est une possibilité accordée à un golfeur de rejouer sa première balle manquée et ce, sans pénalité. Ce coup ne fait pas partie des règlements officiels du golf et de toute évidence, il n’est pas permis lors de tournois, mais peut être utilisé au cours de parties amicales. Le terme était répandu dans les années 40, mais tout porte à croire qu’il existait avant.

    La croyance veut que le Mulligan vienne du Country Club de Montréal situé sur le chemin Riverside. L’origine lambertoise du Mulligan relève possiblement d’un mythe.

    Selon l’idée répandue, David B. Mulligan (on le dit parfois médecin, parfois propriétaire ou directeur d’hôtel), résident de l’hôtel Windsor venait jouer à Saint-Lambert en empruntant le pont Victoria. Comme le trajet était cahoteux et inégal, le pauvre David Mulligan ratait son coup de départ à cause de ses mains tremblotantes. Un jour, il demande à ses amis partenaires de rejouer sa première balle, ce qu’on s’empresse de lui accorder. Cette « origine » est connue depuis fort longtemps et plusieurs sites Web consacrés au golf, tant canadiens qu’américains, la mentionnent sans toutefois en garantir la véracité.

    En cherchant dans l’annuaire Lovell de Montréal, j’ai trouvé en effet un certain David Bernard Mulligan, directeur et plus tard vice-président de l’hôtel Windsor. S’agit-il de notre golfeur?

    David B. Mulligan, tel qu’il apparaît dans le Canadian Who’s Who de 1928

    Natif de Pembroke en Ontario, David B. Mulligan fait des études de droit, mais très tôt s’intéresse à la gestion hôtelière. Au cours des années, il occupera divers postes dans ce domaine tant au Canada qu’aux États-Unis. Son nom est mentionné pour la première fois dans l’annuaire Lovell en 1924-1925 et n’apparaît plus dans l’édition de 1932-1933. Dans une rubrique publiée dans le Canadian Who’s Who de 1928 (Il s’agit de livres de références biographiques publiés chaque année depuis 1910. Il existe maintenant un site Web), il est indiqué qu’il est membre du club Summerlea à Lachine, du club de Laval-sur-le-lac et du Winged Foot Club à New York, mais le Country Club de Montréal n’est pas mentionné. Même si la chose est possible étant donné la notoriété de M. Mulligan, on ne sait même pas s’il a fréquenté le Country Club à titre d’invité. David Mulligan meurt à l’âge de 83 ans à New York en 1954.

    La connaissance en histoire doit s’appuyer sur des sources documentaires fiables (documents d’archive, contrats, listes nominatives…) Or les données sur l’origine du Mulligan sont trop imprécises et incertaines (dans la plupart des cas, il s’agit d’histoire orale) pour affirmer que son origine se situe à Saint-Lambert ou ailleurs. Aucun document ne vient soutenir la thèse de la « paternité » lambertoise. D’autres clubs de golf revendiquent le même honneur. Ainsi le club Essex Fells au New Jersey prétend également à cette célébrité. Dans le cas de ce club, il s’agit d’un certain John « Buddy » Mulligan. Cette naissance du Mulligan est même relatée sur le site Web du club (www.essexfellscc.com).

    Même les spécialistes du golf et de son histoire s’accordent à dire que personne ne connait l’origine véritable du nom. Certains prétendent même que le terme provient d’une expression utilisée par les golfeurs. Lorsque des joueurs en équipe frappaient un coup de départ médiocre, ils décidaient tour à tour de reprendre le coup : « Hit them all again ».

    Thérèse Corbeil (2018)

     

    Une pionnière oubliée : la femme politique Gertrude Émard

    C’est une voix féminine qui répondit avec fermeté à l’appel fait par le greffier de Saint-Lambert pour confirmer sa présence en tant qu’échevin au siège numéro un. C’était le 5 mai 1947 et la voix appartenait à Gertrude Émard, la conseillère nouvellement élue, et seulement la deuxième femme à y parvenir dans la province du Québec. Elle allait servir deux mandats, premièrement avec le maire C.A. Comeau, puis avec le maire N.H. Simms. Cependant, ces deux périodes au Conseil de Ville allaient s’avérer rudement difficiles pour une dame qui dut apprendre à naviguer dans des eaux jusqu’ici inconnues.

    Gertrude Émard (tiré du Suburban News, avril 1952)

    Gertrude Émard (tiré du Suburban News, avril 1952)

    L’honneur d’être la toute première politicienne municipale revient à Kathleen Fisher qui obtint un siège au sein du Conseil municipal de Montréal dès décembre 1940. Ceci est un fait plutôt remarquable si l’on considère que le droit de vote fut reconnu aux femmes du Québec seulement au printemps de cette même année. Alors que les femmes pouvaient voter et se porter candidates aux élections fédérales, un droit acquis au plan national dès 1918, la Belle Province s’entêtait pour sa part à conserver les vieilles traditions et à traiter les femmes comme des êtres dépourvus de personnalité juridique non-personnes, au même titre que les biens, les enfants et les imbéciles. Il faudra une lutte de vingt-deux ans avant que les Québécoises n’obtiennent le droit de suffrage. – Lire plus –

    La famille Boissy, une dynastie active dans le commerce et la politique

    Les Boissy devant leur boucherie vers 1907 (Source : famille Boissy)

    Les Boissy devant leur boucherie vers 1907 (Collection : SHM – Source : famille Boissy)

    Dès 1881, l’année de son mariage avec Anastasie Lajeunesse (1857-1949), Alexandre Boissy (1857-1940), originaire de Saint-Bruno-de-Montarville, s’installe sur l’avenue Lorne, comme employé de la Grand Trunk Railway Company. En 1890, il se dit charretier. En 1895, il ajoute à cela le commerce d’épicerie, puis finalement s’y consacre entièrement dès 1898 alors qu’il emménage, avenue Victoria. Il maintiendra plusieurs années une écurie lui permettant de faire la livraison à ses clients. Il sera aussi bedeau pour la paroisse Saint-Lambert. Le couple Boissy donnera naissance à 11 enfants entre 1883 et 1904 environ.

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    Le projet avorté d’une église catholique en 1857

    Trois mois avant l’incorporation de la municipalité de Saint-Lambert, le 30 mars 1857 devant le notaire Patrice Lacombe, Charles Phillips, pourtant protestant, et Pierre Bétournay font conjointement don à la « Corporation de l’Évêque Catholique Romain de Montréal, dans la province du Bas-Canada », représentée par Mgr Ignace Bourget, d’un lot de 426’ de front sur 456’ de profondeur, enclavé dans leur ferme « pour fins exclusives du culte catholique ». Cet endroit est aujourd’hui traversé par le boulevard Union, à peu près où se trouve le parc.

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    Henderson Furniture Ltd

    Un modèle de fauteuil de bureau fabriqué à l'usine Henderson - Photo : Bruce Field (Fonds : SHM)

    Un modèle de fauteuil de bureau fabriqué à l’usine Henderson – Photo : Bruce Field (Fonds : SHM)

    C’est vers 1912-1913 qu’arrive à Saint-Lambert Norman L. Henderson. Il habite alors au 47 de l’avenue Hickson (ou 70 en 1920 puis 124 en 1940). En 1914, il ouvre la compagnie de fabrication de meubles pour enfants Henderson Furniture, installée alors sur la rue Bute (au 355, plus tard). – Lire plus –

    The Christmas Tree League

    Christmas Tree League - 10e anniversaireEn 1913, la pauvreté, combinée au froid, fait comme toujours craindre le pire, et les mieux nantis s’en inquiètent. À cette époque, les services sociaux sont pris en charge par des laïcs, le plus souvent à l’instigation et sous la direction de femmes de la bourgeoisie. Cette prise en main chez les catholiques passera par leur paroisse et, chez les protestants, par leurs organisations sociales. Ce sera le cas ici. – Lire plus –

    La maison Marsil, au cœur du patrimoine lambertois

    Depuis près de 80 ans, la Maison Marsil fait partie des actifs de la Ville de Saint-Lambert. C’est en effet en 1935 que la maison a été saisie, après avoir été pendant plus d’un siècle la propriété d’une dynastie importante de Saint-Lambert, la famille Mercille.

    La maison Marsil vers 1890 (Source : Société d'histoire Mouillepied)

    La maison Marsil vers 1890 (Source : Société d’histoire Mouillepied)

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    Le mystère de nos canons

    Que sont devenus les canons ? Ceci n’est pas un nouveau refrain de la fameuse chanson politique de Pete Seeger mais bien une question qui déconcerte de nombreux Lambertois lorsqu’ils aperçoivent dans leurs albums, des membres de leur famille posant fièrement près de ces reliques des guerres passées. En comparant diverses photos de ses archives, la Société d’histoire Mouillepied a pu établir qu’au moins quatre canons de différents modèles avaient servi de monuments à Saint-Lambert jusqu’à la fin des années trente. L’un des ces canons montait la garde devant le vieil Hôtel de ville, ce qui est maintenant la Place du village, un autre se trouvait devant l’usine de filtration LeRoyer sur Riverside, un troisième à l’intersection de Logan et Riverside et un quatrième à l’angle de Desaulniers et Notre-Dame. Mais la Société n’a été capable de retracer le sort que d’un seul d’entre eux.

    Les enfants Giroux jouant autour du canon devant l'hôtel de ville, vers 1932 (Source : famille Giroux)

    Les enfants Giroux jouant autour du canon devant l’hôtel de ville, vers 1932 (Source : famille Giroux)

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    Une rénovation en 1854

    Photographiée en 1911, une des maisons ayant appartenu à Alexis Mercille (Fonds SHM)

    Photographiée en 1911, une des maisons ayant appartenu à Alexis Mercille (Fonds SHM)

    En 1855, Alexis Mercille tente de trouver un compromis avec le maître-menuisier de Longueuil, François Patenaude, autour du prix de rénovation que le premier a fait faire par le second, l’automne précédent, sur deux « maisons de pierre ou cailloux »  au bord du fleuve à Saint-Lambert. Le sieur Mercille, comme on l’appelle dans l’acte notarié, est cultivateur et occupe une des deux maisons, celle qu’on appelle maison Mercille, sise aujourd’hui à l’angle du chemin Riverside et de l’avenue Pine. L’autre maison est la maison qui a logé le musée Marsil, à l’angle de l’avenue Notre-Dame. – Lire plus –

    Une patinoire couverte, enfin…

    L'aréna en construction à l'été 1966 - Photo : Bruce Field (Source : Société d'histoire Mouillepied)

    L’aréna en construction à l’été 1966 – Photo : Bruce Field (Source : Société d’histoire Mouillepied)

    Le 7 mai 1962, sous la gouverne du maire Byron T. Kerr, l’échevin J. K. Stewart, responsable du dossier des parcs et terrains de jeux, est mandaté par le conseil de ville à demander les esquisses du futur aréna de Saint-Lambert. Quelques semaines plus tard, en juin, la firme d’architectes Longpré & Marchand est choisie pour élaborer les plans d’un bâtiment de 400 000 $, qui serait construit sur le terrain de l’Administration de la voie maritime. À l’assemblée publique du 13 septembre, le projet de règlement 581 a été soumis au vote des propriétaires présents. Le vote se conclut à 3 en faveur et 82 contre le projet. La date de la consultation populaire est fixée au 20 octobre. À nouveau, le projet est battu : sur 1 009 votants, 462 se prononcent en faveur, 496 sont contre et 51 votes sont rejetés. En novembre 1962, un sondage est envoyé aux citoyens afin d’obtenir des suggestions pour le futur aréna. – Lire plus –

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